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Un caisson québécois!

Au Québec, les conditions de plongée sont, on le sait bien, assez difficiles. C’est enfin le cas dans le Saint-Laurent marin, là où les équipements – et bien évidemment les plongeurs aussi – sont soumis à des températures très souvent frigorifiques.

La compagnie Aquatica est consciente de cela. C’est pourquoi elle construit des caissons qui résistent très bien au froid. C’est en fait la seule compagnie de caisson qui se spécialise dans ces conditions-là.

Les caissons Aquatica sont en aluminium, et pensés pour résister à l’oxydation. Les boutons sont bien disposés afin d’être facilement manipulables avec ces gros gants qui évitent au plongeur de geler des mains.

Et le plus beau de l’affaire, c’est que ces caissons sont fabriqués à Montréal, au Québec. En fait, ils ne sont pas seulement fabriqués à Montréal; ils sont pensés, imaginés, dessinés et distribués à partir de Montréal! Dans un contexte économique où les grosses compagnies ont tendance, plus souvent qu’autrement, à délocaliser afin de rencontrer ailleurs des conditions salariales plus favorables aux gros profits, le comportement d’Aquatica a tout pour plaire.

Hier, Geneviève et moi avons eu la chance de visiter les installations d’Aquatica à Montréal. Nous avons pu discuter du travail accompli par cette compagnie au service des plongeurs désireux de capter les splendeurs sous-marines que l’on trouve de ci de là sur la planète.

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Lors de la visite, le représentant d’Aquatica nous a expliqué qu’une option de pressurisation était disponible afin d’éviter de noyer le caisson. On comprend aisément l’utilité de l’option en question. La caméra qui se trouve à l’intérieur coûte beaucoup de sous. La noyer est la dernière chose qu’on souhaite voir arriver.

Les gens d’Aquatica testent en plus les caissons dans une cuve soumise à une pression équivalente à 300 pieds de profondeur.

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Sur les caissons Aquatica, il est possible de fixer des trépieds, un système pour des bonnettes macro mobiles, des adaptateurs pour des lentilles macro ou des hublots pour le grand angle. On peut aussi utiliser un manche spécial pour plonger la caméra sous l’eau, à côté du bateau. Et ajouter des viseurs ou, encore mieux, un moniteur externe. Bref, ce sont de super caissons!

L’été prochain, on veut poursuivre les tournages dans le Saint-Laurent en utilisant l’un de ces caissons. Un caisson québécois pour capter les beautés marines dissimilées à l’intérieur de l’aorte du Québec, tout ça me semble très logique, non?

Concrètement, on lorgne du côté du caisson Aquatica pour la Sony A7Sii. Avec lentille macro 90mm et lentille grand-angle 16-35mm.A7r-II-housing-7458

 

Dès que le caisson atterrit entre mes mains, je vous fais un topo vidéo pour vous expliquer comment ça marche.

J’ai ben hâte!

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Parler sous l’eau !

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Console du zodiac: on construit le moule!

Comme je vous le racontais dans un billet de blogue précédent, nous sommes en train de complètement modifier le bateau-zodiac dont je me sers l’été pour explorer les profondeurs du Saint-Laurent.  Première modification permettant tout le reste: le remplacement de la vieille console par une nouvelle, plus ergonomique et plus pratique.

Parce qu’on aime ça se compliquer la vie, on a décidé de la construire, ladite console, de A à Z.  Tout un défi!

Grosso modo, il nous a fallu modifier la vieille console à notre goût pour qu’on construise le moule à partir de celle-ci; par-dessus celle-ci en fait.  Après avoir découpé la vieille console, il fallait reboucher parfaitement les trous.  Et bien travailler la finition du revêtement qu’on avait ajouté sur la vieille console.  Cela étant afin que les défauts ne soient pas transmis au moule.

Par la suite, il fallait couler le moule par-dessus la vieille console.  Pour ce faire, la première étape consista à appliquer un agent démoulant (le fameux PVA qui doit empêcher les deux structures de fusionner ensemble) sur la vieille console.  On l’a aspergé ensuite de gelcoat (une peinture durcissante).  Pour ensuite appliquer la résine et la fibre de verre qui assuraient la solidité de la structure du moule.

Au moment d’écrire ces lignes, c’est à cette étape que nous en sommes rendus.

Dans les prochains jours, il nous faudra recommencer l’opération, mais à l’intérieur du moule cette fois.  On débutera en appliquant une genre de cire sur le gelcoat du moule (pour que le deux structures ne collent pas ensemble), on aspergera ensuite une nouvelle fois du gelcoat puis on construira la solidité de la vraie nouvelle console en appliquant la fibre de verre à l’intérieur du moule.  Puis on démoulera le tout, pour ainsi donner naissance à une toute nouvelle console qui prendra place dans le zodiac.

Sur cette console s’accrochera le toit et le support à bouteilles de plongée.

Bref, c’est tout un défi tout ça.  Pour en avoir la preuve, il s’agit de visionner la vidéo suivante.

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Plonger sous glace pour récupérer une motoneige

 

Il y a quelques jours, mon ami Patrice m’a appelé pour me proposer une mission particulière.  Un type avait perdu une motoneige dans un lac, alors qu’il se promenait sur une glace beaucoup trop mince pour supporter un tel poids. Patrice voulait que je l’aide à retrouver le véhicule sous l’eau.

Appréciant ce genre de plans, j’ai tout de suite acquiescé à sa proposition!

Le Québec, c’est une terre froide.  Quoi qu’on en doute de plus en plus avec les hivers qui sont les nôtres depuis quelque temps, mais ça c’est une autre histoire, alors passons (pour l’instant).  Ceci pour dire que je plonge l’été, dans le Saint-Laurent, dans des eaux valsant bien souvent avec le point de congélation, et l’hiver, sous la glace, alors qu’il ne fait pas plus chaud!

Mais la plongée sous glace n’est pas une activité des plus simples.  Ça prend bien des outils pour percer efficacement le trou dans la glace.  Et ça prend un équipement de plongée en mesure de résister à un tel froid.  Qui plus est, il faut adapter nos façons de faire pour redoubler de prudence.  Parce que la plongée sous glace, à n’en point douter, c’est une activité risquée.  Le plongeur se retrouve dans un environnement froid, noir, sans accès direct à la surface.  Il doit prendre toutes les mesures pour ne pas se perdre sous la glace et se retrouver ainsi dans une situation où il n’aurait plus accès au trou de sortie.  La plongée sous glace exige formation, préparation et beaucoup de planification.

Patrice est un expert en la matière.  J’étais donc confiant.

La mission qu’on nous proposait, à Patrice et à moi, s’est déroulée à St-Alexis-des-Monts, dans les Laurentides.  La motoneige en question y a défoncé la glace à une bonne centaine de mètres du bord du lac.

Premier défi:  apporter tout le stock nécessaire à la plongée sous glace sur le site de l’incident.  Et pour y parvenir, il fallait bien évidemment oublier la motoneige que nous utilisions nous-mêmes pour nous rendre au bord du lac.  Un véhicule au fond du lac, c’était déjà bien assez!  Nous avons donc décroché le traineau qui se trouvait derrière notre motoneige pour la tirer à bras d’hommes jusqu’à l’endroit où nous devions plonger.  Déjà, nous versions des gouttes de sueur!  Et nous n’avions pas encore commencé à percer le trou!

Bien évidemment, nous avions au préalable pris la précaution de vérifier la solidité de la glace en nous rendant à pied jusqu’à l’endroit où nous devions percer la glace.  Par mesure de sécurité, nous avions aussi enfilé nos combinaisons étanches.  Ainsi, si nous devions défoncer la glace sous l’effet de notre seul poids, nous serions protégés de la froidure de l’eau.  Et nous flotterions.

Une fois tout l’équipement rendu sur place, nous avons percé la glace.  À la tronçonneuse.  Le trou devait être de forme triangulaire et respecter une dimension donnée.  Nous avons ensuite retiré les blocs de glace à l’aide de vis d’escalade et d’une hache.

Nous avons ensuite fixé les cordes qui devaient nous relier au trou (et à la surface donc) dans la glace, à quelques mètres de l’endroit où nous nous sommes mis à l’eau.  Encore une fois à l’aide des fameuses vis d’escalade.  L’autre bout de la corde était fixé à nos vestes de flottaison à l’aide d’un mousqueton qui ne pouvait s’ouvrir par accident.  Lorsque nous serions prêts à sauter à l’eau, les gars responsables de la gestion des cordes devaient venir nous rejoindre.  Ils attendaient jusque-là sur le bord du lac, où il faisait plus chaud.

Sous l’eau, nous avons découvert rapidement la très faible visibilité offerte par cet environnement lacustre.  Patrice et moi ne pouvions nous voir que si nous étions à moins de trois ou quatre pieds l’un de l’autre.  Nos puissantes lampes ne parvenant pas même à nous éblouir lorsque nous les pointions vers nos visages!

Nous avons effectué la descente et sommes tombés directement sur la motoneige qui se trouvait à 23 pieds de profondeur.  Nous l’avons attaché par l’arrière.  À l’aide de plusieurs noeuds.  Nous sommes ensuite remontés et avons fixé l’autre bout de la corde à un gros panneau de styromousse.  Cela permettra au propriétaire de la motoneige de repérer le bout de corde facilement lorsqu’il sera prêt à récupérer sa motoneige.  Il n’aura alors que quelques heures avant de l’envoyer au garage pour un nettoyage complet du bloc-moteur.  S’il attend trop, la corrosion s’installera.  Et le véhicule voguera de ce fait allègrement vers sa belle mort.

Et c’est ainsi que nous avons vécu cette aventure.

Je vous laisse en vous conseillant de ne jamais vous aventurer sur la glace si vous n’en connaissez pas avec exactitude l’épaisseur.  La glace qui brise peut engloutir des motoneiges. Comme nous l’avons vu.  Mais elle peut réserver le même sort à des humains !  Alors prudence.